Paroles d’encordée : Fiorella

Je suis Fiorella, je vis à Nantes et je suis designer d’espace 

 

La Cordée : Si tu devais expliquer ton métier à des enfants…

Je dirais que je fais de l’agencement d’espace, c’est-à-dire que je crée un espace agréable et qui répond aux besoins de celui qui l’utilise. Aujourd’hui, je travaille avec des magasins, restaurants, hôtels… Des lieux de vie en gros !

Par exemple, je réorganise un lieu en modifiant ou ajoutant des cloisons, je crée des meubles, j’ajoute des touches de couleurs et matières, je donne de la cohérence et une identité graphique au lieu. Je dois répondre à un cahier des charges. Le challenge, c’est quand les contraintes financières et architecturales s’emmêlent ! Je crée dans la contrainte matérielle du bâtiment et dans la contrainte financière du client.

Imagine un spectacle de marionnettes. Je dois créer l’univers des marionnettes selon l’histoire qu’elles veulent raconter. Mais aussi je dois penser aux manipulateurs qui font bouger les marionnettes avec leurs mains. Il faut donc que ce soit beau, que ça fasse partie de l’histoire et du spectacle mais que ce soit pratique à utiliser !

Designer d'espace

La Cordée : Tu exerces ce métier depuis 15 ans. As-tu constaté de gros changements dans ton métier ainsi que dans ta manière de le pratiquer ?

Oui, il y a eu pas mal de changements ! Aujourd’hui, le design d’espaces est entré dans le quotidien des gens ! Sa médiatisation est omniprésente : magasins, presse, émissions de télé-réalité, blogs, banques d’idées comme Pinterest, jusqu’au catalogue Ikea présent sur la table de chevet ! Il s’agit d’un vrai vecteur de valorisation sociale, avec des possibilités infinies de personnalisation. C’est un nouveau terrain de jeu essentiel pour le bien-être des gens. Ça se répercute jusque dans les entreprises qui sont plus sensibles à ça, notamment dans l’aménagement de leurs espaces.

Sans compter que tout va beaucoup plus vite. La moyenne d’un concept architectural est passée de 10 à 3-5 ans en une quinzaine d’années !

Autre évolution sur le métier du design : j’ai observé que les clients en grandes entreprises sont ouverts à travailler avec des indépendants et plus uniquement avec des agences à forte notoriété. Il y a une prise de conscience de leur côté : la qualité du travail est moins liée à la taille de l’équipe qu’à la personne qui exerce l’activité.

De plus, les compétences pluridisciplinaires dues à l’évolution informatique (logiciels 2D, 3D, animés…) sont un autre point apprécié des clients. Certains indépendants exercent comme designers globaux (design produit, architecture d’intérieur, communication graphique…). Ils font écho aux grandes agences sur cette capacité à être polyvalents et à proposer un package clé en main. Nous ne le nions pas, c’est un sacré soulagement pour le portefeuille du client !

Me concernant, je travaille avec d’importantes agences parisiennes et des chefs de projets qui montent leurs équipes en fonction des besoins du projet. La fidélité et la confiance se sont installées. Nous partageons la flexibilité, l’efficacité et l’autonomie. J’y trouve mon équilibre et cela me permet d’exploiter toutes mes aptitudes de manière sereine.

Le vrai changement c’est d’être partie vivre à Nantes. Ce n’est pas un frein pour mon activité, mais un élément de plus pour travailler mieux et dans un environnement apaisant !

La Cordée : Comment envisages-tu les 10 prochaines années ?

Je passe peut-être la crise de la quarantaine, mais j’aimerais que mon activité ait plus de sens quant à la finalité de mes projets. Collaborer avec des instituts sociaux, médicaux, marchés publics, loisirs, aux niveaux local et international… Je suis en train de mettre en place cette nouvelle étape dans mon activité. Je fais partie d’une association sur le design inclusif dans laquelle nous stimulons la co-création/conception pour proposer des solutions innovantes, sociales et durables.

Il reste encore à innover dans des secteurs comme les 3e et 4e âges ainsi que l’accessibilité. Le marché commence à s’ouvrir.

design inclusif

Je suis contente de constater que les gens sont plus sensibles et curieux vis-à-vis de ce métier si vaste… Et longtemps perçu comme de la décoration, qui est un tout autre métier !

Je ne me fais pas de souci pour ce métier. Le champ de perspective est grand ! J’ai même failli travailler comme designer de tombeaux à Paris !

Envie de lire un autre témoignage ? Rien de plus simple, c’est par là !

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