Espaces de coworking : où vaut-il mieux ouvrir ?

On nous demande souvent notre avis sur des projets d’ouvertures d’espaces de coworking et une question revient à chaque fois ou presque :

“Vaut-il mieux créer un espace de coworking en centre-ville, en banlieue ou à la campagne ?”

Parce qu’il est compliqué de donner une réponse unique et définitive à cette question, réfléchissons ensemble aux caractéristiques de ces types de territoires.

En centre-ville ?

Les villes de plus de 50 000 habitants présentent une densité de population de proximité, une mixité des profils et un dynamisme économique suffisamment important pour permettre à un espace de coworking en 2018 de trouver sa communauté facilement.
La taille des logements, souvent plus petits, ainsi que la plus grande représentation des 25-35 ans, des célibataires et des nouveaux arrivants favorisent encore le besoin de travailler hors de chez soi et de ne pas être seul.
Malgré des caractéristiques socio-démographies plutôt favorables, deux précautions sont à prendre malgré tout :
– vérifier que le marché n’est pas saturé : Y a t’il d’autres solutions existantes (espaces de coworking, café acceptant les travailleurs, entreprises accueillant les travailleurs extérieurs et/ou louant des salles de réunion etc.) ? Sont-ils bien remplis et si non pourquoi ?
apporter quelque chose que d’autres n’apportent pas : Quels sont les caractéristiques de vos confrères ? Leur fonctionnement ? Leur positionnement ? Leurs tarifs ? Leur localisation ?  Répondent-ils aux besoins de l’ensemble des travailleurs ? Un acteur du secteur ou un autre porteur de projet compte-t-il s’implanter dans ma ville ?

Ces deux attentions supposent de bien connaître les besoins de votre public cible, de faire de la prospection et de rencontrer et discuter avec les éventuels confrères.

Pour les plus petites villes, la population habitant à proximité est plus faible, l’écosystème entrepreneurial parfois moins développé, l’intérêt pour le télétravail moins naturel. A cela peut s’ajouter des difficultés d’accessibilité, de garde d’enfants, d’emploi… auxquelles s’additionnent le meilleur confort des logements et donc la possibilité de travailler chez soi dans de meilleures conditions.
Pour les petites villes et encore plus en périphérie et en milieu rural, la concurrence la plus forte aux espaces de coworking est… « la maison ».

Pour qu’un espace de coworking soit jugé plus intéressant que le travail chez soi, il doit répondre à plusieurs critères :

  • le centre-ville est-il dynamique et commerçant ?
  • l’accès en transports en commun ou en voiture est-il facile et peu coûteux ?

Dans ces villes, la voiture est encore le mode de transport le plus important et si l’on souhaite tous que le vélo se développe, il y a fort à parier qu’au Creusot ou à Gap, les collines et montagnes soient des obstacles aux modes doux.

Attention enfin, plusieurs détails pratiques sont à vérifier avant de signer le bail ou l’acte d’achat du local :

  • y’a-t-il une bonne connexion internet dans ce local ?
  • est-ce que les réseaux téléphoniques sont bien reçus ?
  • est-il adapté aux personnes à mobilité réduite ?
  • est-il suffisamment lumineux ?
  • les voisins sont-ils compatibles avec un lieu recevant un peu de public et pouvant accueillir des événements en soirée ?
  • le caniche de la voisine de palier est-il aphone ?

L’ensemble de ces questionnements concernent aussi les spots “périphérie” et “à la campagne”.

 

En périphérie ?

Il y a deux type de “périphérie”. Il y a les bonnes périphéries et les mauvaises périphéries. Il y a les centres-bourgs des communes de banlieue (clin d’oeil à Bénédicte du MIX à Tassin ou à Sandrine de ChloroFeel à Meyzieu). Et il y a les zones d’activités/industrielles/artisanales (clin d’oeil à Stéphanie du 4 Puissance 3 à Monistrol/Loire).

Tout est possible, à condition de répondre à une vraie demande et de façon pratique. La densité de population est plus faible, il convient réellement d’être au courant des contraintes et besoins locaux avant de se lancer : avez-vous mené une vraie étude de marché, adresser un questionnaire aux travailleurs de cette ville et des communes alentours ?

Des travailleurs sont-ils prêts à s’engager pour utiliser votre espace dès son ouverture ?

De la même façon qu’en ville : peut-on se garer facilement ? Car oui, en périphérie, encore plus qu’en ville, la voiture demeure essentielle pour venir.

En centre-bourg ou en zone d’activité, la proximité de commerces, notamment pour se restaurer le midi (boulangerie, pizzeria, bistrot, …), est essentiel.

En zone d’activité, la perspective de bosser entre un entrepôt ou un complexe tertiaire des années 90 peut effrayer. Cela peut convenir à certains travailleurs, mais l’impression de “travailler au vert” est souvent attendue dès lors que l’on sort des centre-villes.

A la campagne ?

Des dizaines de projets “au vert” émergent depuis quelques années, dans une logique de “rurbanisation”, de quête de sens, de ralentissement, de reconnexion avec la nature et la terre.

Les locaux et les terrains ne sont pas chers, oui, très bien. Encore faut-il que votre lieu se remplisse.

Les projets d’espaces de coworking qui fonctionnent à la campagne sont souvent portés par une communauté réelle, solidaire, villageoise et qui pré-existe au lieu. On adresse d’ailleurs un clin d’oeil à nos amis d’Arvieu dans l’Aveyron. Le 100ème Singe est encore un autre exemple fort intéressant à suivre.

Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise situation.

Otis Asterix Cleopatre

Ceci pourrait être la réponse à la grande question de cet article. L’essentiel n’est pas tant la localisation que l’existence d’une communauté réelle pour occuper l’espace de coworking.

Les gens avant le lieu.

Nous voyons beaucoup de projets se monter sur une idée, une intuition, un potentiel éventuel de coworkers évalué avec la méthode ancestrale du doigt mouillé.

Souvent, c’est surtout parce qu’il y a un lieu à réhabiliter qu’on cherche à y créer un espace de coworking. Et c’est une des raisons les plus risquées de le faire, si ce lieu vise une forme de rentabilité économique car l’attention à la communauté utilisatrice sera passée en second plan.

La deuxième étape d’un projet, après l’idée, est de se focaliser sur ceux qui vont permettre à votre projet d’être viable et pérenne : les utilisateurs.

Existent-ils ? Si oui, on vous conseille de les identifier, d’aller les rencontrer. Demandez-leur leur avis, co-construisez votre projet avec eux, il n’en seront que plus fidèles et motivés.

 

 

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